Profitant de quelques semaines de congés, je n’ai pu m’empêcher d’entraîner les miens à visiter quelques domaines et châteaux viticoles, notamment cette année dans le Médoc. Belles propriétés, dont certaines commercialisent plusieurs centaines de milliers de bouteilles, accueils sympathiques et plutôt professionnels, visites argumentées des chais,
explications détaillées des cépages, des modes de culture … dégustations commentées le plus souvent par des étudiants compétents et cherchant à nous convaincre de la qualité de leurs vins … malheureusement en se plaçant à chaque fois du côté du producteur expert » … jamais du consommateur.
Pas une seule fois nos interlocuteurs n’ont évoqué une occasion de consommation, un accord met-vin, un conseil pour servir … Aucun n’a cherché à savoir quels types de vins nous aimions ne serait-ce que pour adapter son discours.
Par contre, nous avons tous bien compris l’intérêt d’ajouter 5% de « Petit Verdot » pour renforcer l’acidité d’un vin et ainsi … Nous avons bien compris que la cuvée spéciale (taisons en le nom) préparée à partir des vignes de 70 ans était beaucoup plus prestigieuse et donc plus chère que les autres cuvées …
Ces commentaires vous paraissent éloignés du titre de cet article ?
Sans doute parce que « marketing » signifie pour vous « communication » ou « promotion » et que vous estimez que ces étudiants n’ont pas failli à leur tâche de promotion des vins qu’ils nous ont présentés.
Certes la promotion et la communication sont des techniques marketing clés, mais ce ne sont que des techniques. En marketing, l’essentiel précède le stade de la technique.
Toute démarche marketing, avant le choix de toute technique et avant d’investir le moindre centime, repose sur la compréhension des attentes des consommateurs de son marché, le choix d’une cible spécifique et la réponse à ses attentes.
Présenter son produit de façon positive, sympathique et pédagogique n’est pas suffisant si le discours mis en œuvre reste un discours de producteur !
Ceci vous semble certainement évident et vous pensez sans doute que cela ne vous concerne pas … Pour en être certain, prenez quelques instants pour revisiter votre site internet, regarder à nouveau vos étiquettes et contre-étiquettes … quelle place y donnez-vous aux attentes consommateurs ? Rappelez-vous la date de la dernière réunion interne au cours de laquelle vous avez abordé ces attentes consommateurs et les moyens d’y
répondre plus efficacement que vos concurrents …
Ceux d’entre vous qui se développent avec succès à l’export ont certainement réfléchi avec leurs importateurs aux attentes des consommateurs de chacun des pays ciblés, à leurs modes de consommation, aux informations nécessaires pour leur donner envie d’essayer vos produits … Notre conseil serait de façon urgente d’oublier que les consommateurs français sont des « connaisseurs », qu’il ne sert à rien de « se mettre à leur place » et de « leur dire ce qu’ils doivent faire » … Conquérir de nouveaux consommateurs français nécessite la même approche que celle mise en œuvre pour comprendre un nouveau marché. Les questions sont les mêmes, les réponses diffèrent car la culture, les usages,
les attitudes et les habitudes diffèrent.
Si ces quelques réflexions vous paraissent pertinentes, rencontrons-nous. Marc Baraban

